L’accordéon comprend deux grandes familles…

L’accordéon diatonique


L’accordéon diatonique, ou plus exactement accordéon bisonore. Pourquoi bisonore ? Parce que, en appuyant sur une touche en ouvrant le soufflet, on obtient une note, et en appuyant sur la même touche en fermant le soufflet, on en obtient une autre. Dans ce système, on fait une certaine économie de boutons, et donc d’anches. L’accordéon obtenu est compact, puissant (cela est dû à la petite taille du soufflet par rapport à la force de l’utilisateur). En revanche, si son jeu est assez facile dans la ou les gammes pour lesquelles il est prévu, jouer en dehors de celles-ci est difficile, voire impossible. En général, les accordéons diatoniques ne comportent qu’une à trois gammes majeures (par exemple Sol – Do, La – Ré, Do – Fa, Sib – Mib, Fa – Sib….. ), et parfois quelques touches d’altérations permettant d’avoir une ou plusieurs octaves chromatiques. Cette pratique a d’ailleurs tendance à se généraliser, ce qui rend impropre l’appellation de « diatonique ». Un système intéressant, appelé système Irlandais, consiste à avoir, comme sur un harmonica chromatique, deux gammes séparées d’un demi-ton seulement (par exemple Do# – Ré, Si – Do ), ce qui rend l’accordéon chromatique, tous les demi-tons étant présents. Sur tous ces accordéons, la manipulation du soufflet (jeu tiré – poussé) rend le jeu difficile, mais procure à la musique un rythme et un détaché intéressant, dû au continuel changement de sens du soufflet. Certains styles de musique l’exploitent particulièrement, d’autres cherchent au contraire à lier le plus possible les notes (c’est possible sur les accordéons où l’écart entre les gammes est d’une quinte) de façon à obtenir un jeu plus « coulé », exploitant çà et là l’intérêt du jeu « tiré – poussé ».

L’accordéon chromatique

L’accordéon chromatique, ou plus exactement accordéon unisonore. Pourquoi unisonore ? Parce que, en appuyant sur une touche et en ouvrant ou fermant le soufflet, on obtient une note, la même dans les deux cas. Deux cas se présentent à nous : le clavier à touches piano, et le clavier à touches bouton.

Le clavier à touches piano reproduit, côté main droite (côté chant), le clavier d’un piano sur une étendue généralement très réduite : de 2 à 3 octaves et demie. L’avantage est évident pour les pianistes et claviéristes, néanmoins, le clavier est peu compact et le doigté difficile dans les tonalités comportant beaucoup d’altérations. Il n’y a pas de possibilité de transposition en gardant le même doigté.


Le clavier à touches bouton est un clavier très ingénieux, sur lequel les 12 notes de la gamme chromatique sont réparties en 4 boutons sur 3 rangées, elles-mêmes disposées en quinconce. (On entend par première rangée la rangée la plus à l’extérieur de l’accordéon). La gamme monte par demi-tons « en crabe » de la première touche de la première rangée , vers la deuxième puis la troisième rangée ; ensuite on revient à la deuxième touche de la première rangée, puis la deuxième et troisième rangée, etc…jusqu’à retrouver l’octave suivante au même endroit 4 boutons plus loin. La force de ce clavier plus élaboré est d’abord sa compacité qui permet une grande virtuosité. Ensuite, sa conception permet la transposition sans changement de doigté sur 4 tonalités différentes (en commençant la gamme sur chaque bouton de la première rangée). La recherche de la transposition continue (sur les 12 tonalités possibles) a mené à rajouter une puis deux rangées de boutons, ceux-ci n’étant que le rappel des première et deuxième rangées, et non des notes en plus. L’accordéon chromatique à touches bouton, muni de 5 rangées à la main droite, peut transposer un morceau instantanément, sans changement de doigté, par simple changement de la note de départ, dans toutes les tonalités.