Perpétuelle quête du Graal, objet de toutes les convoitises et de tous les soins, le bois est au luthier
ce que le diamant est au joaillier. De lui, dépendra en grande partie la sonorité de l'instrument.
Pascal Cranga parcourt les forêts à la recherche de ces précieuses essences car un nombre important de
paramètres tels que le climat, l’altitude, l’exposition du terrain ou même la morphologie de l’arbre
jouent sur les qualités acoustiques du bois. Une fois l'arbre abattu et débité, un long travail de
patience commence alors car il faut au moins quinze années de séchage avant que cette matière
première ne soit utilisable par le luthier.
Lauréat de la Fondation de France, Pascal Cranga a fait reconnaître les spécificités de ce métier par l’Office National des Forêts et a établi une classification précise utilisée lors de la vente des bois. Il exporte près de la moitié de sa production.
Il prépare également les bois de lutherie en les découpant aux cotes des luthiers et en ébauchant des
pièces pour divers instruments. Il possède ainsi dix mille pièces de violon en entrepôt.
Facteur lui-même, Pascal Cranga fabrique et restaure des vielles à roue, (instrument dont il joue) à propos duquel il se montre intarissable et dont l'histoire ne semble avoir aucun secret pour lui. Il est d’ailleurs fréquemment consulté en tant qu’expert.
Il expose au Festival des Flandres qui a lieu une fois tous les trois ans à Bruges ainsi qu’aux
Rencontres internationales des luthiers et maîtres sonneurs de Saint Chartier dans l’Indre. Par
ailleurs, Pascal Cranga enseigne dans les milieux forestiers. C'est un membre très actif de
l’organisation professionnelle Facture Instrumentale en Bourgogne au sein de laquelle il a beaucoup
oeuvré pour aider les facteurs en difficulté à s'installer, faisant ainsi du Clunisois un haut lieu de la
facture bourguignonne et Française.
Pascal Cranga traverses the forests in search of these invaluable woods because a significant number of parameters such as the climate, altitude, the aspect of the terrain or even the morphology of the tree play a part in the acoustic qualities of wood.
Once cut down and sawed, a long work of patience starts. It takes at least fifteen years of drying before this raw material will be usable by the violin maker. (In France, we say "luthier" for an instrument maker).